DMT en relation client : comprendre, mesurer et optimiser la durée moyenne de traitement

Du suivi des interactions à l’optimisation des process : maîtriser chaque minute

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Sommaire :

Vous pilotez la DMT depuis des années. Peut-être même trop.

Dans les centres de contacts, cet indicateur historique structure les équipes, les plannings et les contrats d’externalisation. Mais une question mérite d’être posée : la DMT reflète-t-elle encore réellement la performance de votre relation client ? Ou est-elle devenue une obsession contre-productive ?

Souvent associée à la productivité des centres de contacts, la DMT est pourtant plus complexe qu’il n’y paraît. Mal interprétée, elle peut conduire à des décisions contre productives. Bien utilisée, elle devient au contraire un véritable outil d’aide au pilotage, au service de la qualité de service et de l’expérience client.

Cet article propose une lecture claire, actuelle et pédagogique de la DMT, avec un objectif simple : aider les professionnels de la relation client à comprendre, contextualiser et utiliser intelligemment cet indicateur, notamment dans un environnement d’externalisation.

Sommaire :

1. Qu’est ce que la DMT

La DMT, Durée Moyenne de Traitement, correspond au temps moyen nécessaire pour traiter une interaction client de bout en bout.

Contrairement à une idée répandue, elle ne se limite pas à la durée de la conversation avec le client. Elle inclut l’ensemble des actions nécessaires à la résolution de la demande.

La DMT se compose généralement de trois éléments :

  • le temps d’échange avec le client

  • le temps d’attente ou de mise en relation, le cas échéant

  • le temps de traitement après contact, consacré à la mise à jour des outils, au suivi ou au reporting

La formule de calcul est la suivante :
DMT = durée de l’interaction + temps d’attente + temps de traitement après contact

La DMT s’applique à tous les canaux de contact, téléphone, email, chat, réseaux sociaux, avec des niveaux de référence différents selon la nature des demandes et les attentes clients.

Point clé souvent oublié : chaque canal possède sa propre DMT de référence. Comparer le téléphone et l’email sans contexte n’a aucun sens.

2. Pourquoi la DMT est un indicateur clé en relation client

Un outil de pilotage opérationnel

La DMT permet de mesurer la capacité d’un dispositif de relation client à absorber les flux entrants. Elle est largement utilisée pour :

  • dimensionner les équipes

  • organiser les plannings

  • anticiper les pics d’activité

  • évaluer la charge de travail des conseillers

Dans un contexte d’externalisation, la DMT constitue un repère structurant pour sécuriser les engagements de service et piloter la performance dans la durée.

Un révélateur de maturité organisationnelle

Une DMT élevée peut révéler :

  • des processus complexes

  • des outils peu ergonomiques

  • un manque de formation ou de documentation

À l’inverse, une DMT très basse peut parfois masquer une résolution incomplète ou un traitement superficiel des demandes.

Analysée dans le temps, la DMT permet d’identifier des axes d’amélioration concrets sur l’organisation, les parcours clients et les supports mis à disposition des équipes.

Un impact direct sur l’expérience client

Les clients attendent des réponses rapides, mais surtout des réponses utiles.
Une interaction légèrement plus longue peut être mieux perçue si elle permet une résolution définitive du problème.

La DMT doit donc être interprétée à la lumière de la satisfaction client, et non comme un objectif isolé.

3. Les limites de la DMT lorsqu’elle est utilisée seule

Le risque d’une logique purement productiviste

Lorsque la DMT devient un objectif rigide, elle peut encourager des comportements contre productifs :

  • écourter les échanges

  • multiplier les transferts

  • éviter les demandes complexes

Ces pratiques dégradent la qualité de service et augmentent les contacts répétés.

Un indicateur hérité d’un modèle ancien

Historiquement, la DMT est issue d’une approche industrielle de la relation client, centrée sur le volume et la rapidité. Or, les attentes actuelles intègrent davantage de personnalisation, d’écoute et de valeur ajoutée.

Une vision partielle de la performance

La DMT ne mesure ni la satisfaction client, ni la qualité de la réponse, ni l’effort fourni par le client.
Elle doit impérativement être complétée par des indicateurs qualitatifs pour refléter la performance réelle.

4. Comment bien utiliser la DMT dans une stratégie moderne

Segmenter par canal et par typologie

Chaque canal a ses propres standards.
Analysez la DMT par type de demande : SAV technique, facturation, information produit, réclamation.

Exemple 
Sur un projet télécom :

  • Portabilité mobile : DMT de 12 minutes

  • Information tarifaire : DMT de 4 minutes

Deux typologies, deux logiques de pilotage.

Croiser la DMT avec des indicateurs orientés client

La DMT ne mesure pas la qualité perçue. Elle doit être combinée avec :

  • FCR – Résolution au premier contact

  • CSAT – Satisfaction immédiate

  • CES – Effort perçu par le client

  • NPS – Intention de recommandation

Cette approche permet de concilier efficacité opérationnelle et expérience client.

S’appuyer sur l’automatisation intelligente

Les outils de selfcare, les chatbots et l’intelligence artificielle permettent de réduire la DMT sur les demandes simples et répétitives.
L’objectif n’est pas de remplacer l’humain, mais de lui permettre de se concentrer sur les interactions à forte valeur ajoutée.

Utiliser la DMT comme outil managérial

La DMT ne doit pas être un outil de sanction, mais de progrès :

  • Identifier les besoins de formation

  • Simplifier les parcours clients

  • Améliorer les outils

5. Exemple chiffré de DMT par canal

CanalTemps d’échangeTemps après contactDMT moyenne
Téléphone4 min 30 s1 min 30 s6 min
Chat6 min2 min8 min
Email12 min5 min17 min
Réseaux sociaux8 min4 min12 min

Cet exemple montre qu’une DMT plus élevée n’est pas nécessairement négative. Elle reflète souvent la complexité de la demande ou le niveau de personnalisation attendu.

Une bonne DMT est une DMT cohérente avec le contexte, pas la plus basse possible.

À retenir : une DMT élevée n’est pas forcément négative. Elle reflète souvent la complexité ou le niveau de personnalisation attendu.

Conclusion

La DMT reste un indicateur fondamental de la relation client, à condition de lui redonner sa juste place.

Ni obsession productiviste, ni simple métrique technique, elle devient réellement utile lorsqu’elle est contextualisée, expliquée et partagée.

C’est cette lecture équilibrée, à la fois opérationnelle et orientée expérience client, qui permet aux entreprises et à leurs partenaires d’externalisation de construire une relation client performante, humaine et durable.

Non, elle mesure le temps, pas la qualité. Elle doit être croisée avec des indicateurs de satisfaction.

Non. Elle dépend du secteur, du canal et du type de demande.

Pas nécessairement. Elle peut masquer une résolution incomplète.

Oui, si la DMT est utilisée comme un indicateur de pilotage et non comme une contrainte rigide.

En simplifiant les parcours, en améliorant les outils, en formant les équipes et en automatisant intelligemment.

Sources & références

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