Les 5 erreurs à éviter avant d’externaliser sa relation client

Ces échecs ne sont pas une fatalité. Ils résultent presque toujours des mêmes erreurs, commises en amont du projet.

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Beaucoup d’entreprises abordent un projet d’externalisation de leur relation client avec les bonnes intentions — réduire les coûts, améliorer la disponibilité, gagner en flexibilité — et se retrouvent quelques mois plus tard avec un prestataire sous-performant, des clients insatisfaits et un contrat difficile à quitter. Ces échecs ne sont pas une fatalité. Ils résultent presque toujours des mêmes erreurs, commises en amont du projet. En voici les cinq principales.

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Erreur n°1 : externaliser pour les mauvaises raisons

La première erreur est aussi la plus fondamentale. De nombreuses entreprises externalisent leur relation client uniquement pour réduire leurs coûts, sans se poser la question de ce qu’elles veulent vraiment accomplir pour leurs clients.

Le problème : un prestataire sélectionné uniquement sur le prix optimise pour le prix — pas pour la qualité. Il réduira les DMT, limitera les formations, mutualisera au maximum les ressources. Le résultat est prévisible : des économies à court terme, une dégradation de la satisfaction client, une augmentation du churn et, in fine, un coût total plus élevé que la situation initiale.

La bonne approche : définir d’abord les objectifs de qualité et d’expérience client, puis chercher le prestataire capable de les atteindre au meilleur coût. L’externalisation est un levier de performance, pas seulement un levier d’économies.

Erreur n°2 : négliger la phase de préparation interne

On confie souvent à un prestataire externe des processus qu’on ne maîtrise pas soi-même. Résultat : le prestataire hérite du désordre et l’amplifie.

Avant d’externaliser, il est indispensable de :

  • Documenter ses processus : procédures de traitement, scripts, arbre de décision, habilitations, cas d’exception… Si vous ne pouvez pas expliquer clairement comment votre relation client fonctionne aujourd’hui, vous ne pouvez pas en transférer la gestion efficacement.
  • Mesurer sa performance actuelle : CSAT, FCR, DMT, taux de décroché… Sans baseline, vous ne pourrez pas mesurer si l’externalisation améliore ou dégrade la situation.
  • Identifier les interactions à externaliser en priorité : toutes les interactions ne sont pas égales. Commencez par les plus standardisées et les plus volumineuses — pas par les plus complexes ou les plus stratégiques.

La bonne approche : investir 4 à 8 semaines de préparation interne avant de lancer l’appel d’offres. Ce temps est largement récupéré lors de la phase de démarrage.

Erreur n°3 : rédiger un cahier des charges trop vague — ou trop rigide

Le cahier des charges est la fondation du projet. Trop vague, il laisse le prestataire interpréter à sa guise et vous prive de tout levier en cas de sous-performance. Trop rigide, il empêche le prestataire d’apporter son expertise et bride les améliorations possibles.

Les erreurs classiques dans les cahiers des charges BPO :

  • Des SLA formulés en termes absolus sans tenir compte de la variabilité naturelle des volumes
  • Des exigences de process si détaillées qu’elles ne laissent aucune marge d’adaptation au prestataire
  • L’absence de KPIs de satisfaction client — on mesure la productivité mais pas la qualité perçue
  • Des volumes prévisionnels irréalistes (souvent sous-estimés) qui faussent les équilibres économiques du contrat
  • L’oubli des clauses de réversibilité et de sortie de contrat

La bonne approche : un cahier des charges qui définit clairement les objectifs de résultat (niveaux de service, satisfaction client, coût cible) tout en laissant au prestataire la liberté de proposer ses méthodes pour les atteindre. Associez votre prestataire à la finalisation du cahier des charges — sa connaissance du terrain enrichira le document.

Erreur n°4 : choisir son prestataire uniquement sur le prix

L’appel d’offres BPO produit souvent des propositions financières très différentes. La tentation de retenir la moins chère est forte — et presque toujours une erreur.

Ce que le prix ne dit pas :

  • La qualité réelle de la formation et de l’encadrement des équipes
  • La solidité financière du prestataire et sa capacité à investir dans la durée
  • Les coûts cachés : sur-facturation des dépassements de volume, coûts de transition en cas de résiliation, pénalités de sortie
  • L’impact sur le churn client d’une dégradation de qualité — souvent bien plus coûteux que les économies réalisées sur la prestation

La bonne approche : évaluer le coût total de possession sur 3 ans, en intégrant les coûts de transition, les risques de sous-performance et l’impact estimé sur la satisfaction et la fidélisation client. Un prestataire 15 % plus cher qui maintient un CSAT supérieur peut être largement plus rentable.

Erreur n°5 : abandonner le pilotage après le démarrage

C’est probablement l’erreur la plus fréquente. L’entreprise investit beaucoup d’énergie dans la sélection et le démarrage, puis se désengage progressivement — laissant le prestataire piloter seul, sans feedback, sans exigence, sans amélioration continue.

Ce qui se passe ensuite est prévisible : la performance se stabilise au niveau minimum contractuel, les irritants s’accumulent sans être traités, les équipes du prestataire perdent en motivation et en compétences faute de stimulation, et l’entreprise cliente se retrouve deux ans plus tard avec un contrat à renouveler et un bilan décevant.

Un partenariat BPO réussi exige un investissement continu de la part du client :

  • Des comités de pilotage réguliers avec des participants décisionnaires
  • Un partage proactif des évolutions produits, des campagnes marketing et des changements de process
  • Des sessions d’écoute et de double écoute pour maintenir la proximité avec la réalité terrain
  • Une culture du feedback constructif — féliciter quand c’est bien, exiger quand ça ne l’est pas
 

La bonne approche : traiter votre prestataire BPO comme un partenaire stratégique, pas comme un fournisseur qu’on laisse tourner. Les meilleures relations BPO sont des collaborations actives où le client et le prestataire co-construisent l’amélioration continue.

En résumé : les 5 erreurs à éviter

ErreurConséquenceBonne pratique
Externaliser uniquement pour réduire les coûtsDégradation qualité, churn clientDéfinir des objectifs CX avant les objectifs financiers
Négliger la préparation interneTransfert du désordre au prestataireDocumenter et mesurer avant de lancer l’AO
Cahier des charges trop vague ou trop rigideContrat inadapté, litigesObjectifs de résultat + liberté de méthode
Choisir sur le prixCoût total supérieur aux économiesÉvaluer le coût total sur 3 ans
Abandonner le pilotageStagnation, perte de qualitéGouvernance active et amélioration continue
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Posez-vous ces trois questions : est-ce que je sais précisément quelles interactions je veux externaliser et pourquoi ? Est-ce que j’ai des données de performance actuelles à partager avec les candidats ? Est-ce que mes processus sont suffisamment documentés pour être transférés ? Si vous répondez non à l’une de ces questions, prenez quelques semaines supplémentaires de préparation.

Oui, mais c’est difficile et coûteux. Un avenant contractuel nécessite l’accord des deux parties et peut donner lieu à des négociations longues. La prévention reste largement préférable. Si vous êtes dans cette situation, commencez par ouvrir un dialogue transparent avec votre prestataire sur les points à améliorer — un bon prestataire préfère adapter le contrat plutôt que de risquer une résiliation.

Pour un périmètre standard, comptez 2 à 3 mois de préparation interne, 1 à 2 mois d’appel d’offres et de sélection, et 2 à 3 mois de démarrage et de montée en régime. Au total, 6 à 8 mois entre la décision d’externaliser et un fonctionnement stabilisé. Les projets qui cherchent à aller plus vite prennent presque toujours du retard ou démarrent dans de mauvaises conditions.

Armatis accompagne ses clients bien avant la signature du contrat : cadrage du projet, définition des SLA, construction du cahier des charges, transition et démarrage. Notre objectif est que chaque projet parte sur des bases solides pour délivrer de la valeur dès les premiers mois.

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